L’Allemagne propose une réserve nationale de Bitcoin dans le cadre du mouvement AfD

L'Allemagne propose une réserve nationale de Bitcoin dans le cadre du mouvement AfD

Le parti allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) a présenté une proposition visant à créer une réserve nationale de Bitcoin.

Cette initiative marque un tournant potentiel pour la plus grande économie européenne, qui a été critiquée il y a seulement un an pour avoir liquidé des milliards de dollars de Bitcoins saisis.

La motion, qui doit être approuvée, ferait de l’Allemagne le premier grand pays européen à intégrer Bitcoin directement dans ses réserves nationales, signalant une évolution croissante en Europe vers une vision du Bitcoin non pas comme un actif spéculatif, mais comme un instrument de réserve souverain.

La vision de l’AfD pour un Bitcoin comme « monnaie sans État »

La motion de l’AfD, soumise la semaine dernière, appelle le gouvernement fédéral à commencer à accumuler du Bitcoin dans le cadre de sa stratégie de réserve à long terme.

La proposition fait valoir que le cadre MiCA de l’UE a été conçu pour les jetons émis de manière centralisée et ne devrait pas s’appliquer au Bitcoin, qui n’a ni émetteur ni autorité centrale.

Il exhorte le gouvernement à éviter les charges réglementaires pesant sur les fournisseurs de portefeuilles non dépositaires et les opérateurs de nœuds Lightning, à maintenir l’exonération fiscale de l’Allemagne sur les Bitcoins détenus depuis plus d’un an et à garantir que l’activité minière privée ou Lightning ne soit pas classée comme commerciale.

L’AfD présente le Bitcoin comme une « monnaie libre d’État » qui protège la liberté individuelle, contrairement au projet d’euro numérique, qui, selon elle, pourrait permettre la surveillance et le contrôle.

Dans la section I, point 5 de la proposition, l’AfD critique le gouvernement allemand pour ne pas avoir reconnu le potentiel stratégique du Bitcoin, notant notamment que Berlin n’a pas envisagé de détenir le Bitcoin dans ses réserves nationales.

Plus loin dans la section explicative, le document développe cette idée, décrivant Bitcoin comme une « monnaie extérieure » et suggérant qu’en période d’instabilité monétaire et géopolitique mondiale, il pourrait servir d’« actif potentiel et facilement transférable au sein des réserves monétaires de l’État ».

La motion marque la première tentative formelle de la législature allemande de positionner Bitcoin comme un actif national stratégique.

Allemagne : de vendeur à « hodler »

La proposition intervient moins d’un an après que le gouvernement allemand a réalisé l’une des plus grandes ventes de Bitcoin au niveau de l’État de l’histoire.

Entre juin et juillet 2024, les autorités allemandes ont vendu près de 50 000 BTC, initialement saisis auprès des opérateurs du site de piratage. Film2k.to – d’une valeur d’environ 3 milliards de dollars à l’époque.

La vente a déclenché une correction du marché d’environ 18 % et a suscité de vives critiques de la part de la communauté Bitcoin, qui a fait valoir que l’Allemagne avait gaspillé une chance de détenir un actif rare et apprécié.

À la mi-juillet 2024, les données de la blockchain ont confirmé que les portefeuilles liés au gouvernement allemand étaient vides, après l’envoi des dernières tranches de Bitcoin aux bourses et aux teneurs de marché.

Une course européenne à la souveraineté du Bitcoin

La décision de l’Allemagne suit de près celle de la France, où le parti de centre-droit Union de la droite et du centre (UDR), dirigé par le législateur Éric Ciotti, a présenté un projet de loi ambitieux visant à créer une « réserve stratégique nationale de Bitcoin ».

La proposition française vise 2 % de l’offre de Bitcoin, soit environ 420 000 BTC, sur une période de sept à huit ans. Cela financerait l’accumulation grâce à l’exploitation minière de Bitcoin alimentée par l’énergie excédentaire, à la réaffectation des programmes d’épargne et même au paiement partiel d’impôts sur Bitcoin.

Alors que les initiatives de la France et de l’Allemagne se heurtent à d’importants obstacles politiques, le moment choisi souligne une reconnaissance en Europe du fait que Bitcoin pourrait servir d’outil de souveraineté financière.

Si cette dynamique se poursuit, l’Europe pourrait bientôt se retrouver sans débat si détenir du Bitcoin – mais qui le tiendra en premier.

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