Bloomberg Intelligence Le stratège Mike McGlone estime que la baisse actuelle du Bitcoin (BTC) et du marché plus large des crypto-monnaies pourrait offrir un signal précoce de la prochaine récession américaine, plutôt qu’un retrait habituel des actifs spéculatifs.
Dans un article X du 15 février, McGlone a fait valoir que ce que les analystes boursiers pourraient bientôt décrire comme une correction saine pourrait plutôt marquer la liquidation d’un excès accumulé au cours de plus d’une décennie d’achats agressifs en baisse.
En effet, Bitcoin continue de lutter contre la volatilité, et établir son prix au-dessus du niveau de 70 000 $ constitue un défi majeur. Bien qu’il ait progressé au-dessus de cette marque dimanche, l’actif a depuis retracé, s’échangeant à 68 488 $, en baisse de près de 2 % au cours des dernières 24 heures.
McGlone a également souligné ce qu’il a décrit comme une bulle crypto implosée suite à un pic d’euphorie spéculative et politique, parallèlement à une résurgence de l’or et de l’argent se produisant à un rythme observé pour la dernière fois il y a environ un demi-siècle. Selon lui, la volatilité croissante des métaux précieux est susceptible de se répercuter sur les actions.
Dans le même temps, le stratège a noté que depuis la crise financière de 2008, les investisseurs ont été largement récompensés pour leurs achats de faiblesse, mais il suggère que cette époque pourrait toucher à sa fin alors que de nombreux indicateurs macroéconomiques émettent des signes avant-coureurs.

Parmi eux, le ratio capitalisation boursière/PIB du marché boursier américain, qui a atteint des niveaux jamais vus depuis environ un siècle, soulignant des valorisations historiquement tendues.
Pendant ce temps, la volatilité sur 180 jours du S&P 500 et du Nasdaq 100 est tombée à son plus bas niveau depuis environ huit ans, une condition qui précède souvent une forte réévaluation du marché.
Relation Bitcoin avec les actions
Ses perspectives étaient accompagnées d’une analyse renforçant la relation étroite entre Bitcoin et les actions américaines. En divisant le prix du Bitcoin par 10 à titre de comparaison, la cryptomonnaie se négocie à peu près au même niveau que le S&P 500 le 13 février, les deux se situant juste en dessous de la barre des 7 000.
Cet alignement met en évidence le rôle continu de Bitcoin en tant que proxy à bêta élevé pour un appétit pour le risque plus large. Si les actions ont du mal à maintenir ce seuil, McGlone ne voit aucune raison pour qu’un actif plus volatil et dépendant du bêta tel que Bitcoin reste élevé.
Dans le même temps, un retour vers la moyenne mobile sur cinq ans du S&P 500, proche de 5 600, représenterait une normalisation initiale logique.
Une telle décision correspondrait à environ 56 000 $ pour Bitcoin dans le même cadre comparatif.
Au-delà de cela, le scénario de base plus large de McGlone envisage la possibilité que Bitcoin revienne finalement vers 10 000 $ en cas de pic confirmé du marché boursier américain.
Dans ce contexte, il est peu probable que des niveaux tels que 7 000 pour le S&P 500 ou 50 000 pour le Dow Jones marquent des sommets durables sans conséquences plus larges.
Si les actions dépassent ces niveaux élevés, les fluctuations amplifiées du Bitcoin pourraient servir d’indicateur avancé du resserrement des conditions financières et du risque de récession.
Pour McGlone, le ralentissement actuel de la cryptographie n’est peut-être pas un effondrement isolé mais plutôt la première fissure visible dans un cycle trop tendu des actifs à risque.
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