Ce que Washington attendait de ses partenaires
L’administration a fait pression pour des escortes navales alliées parce que le détroit d’Ormuz – un point d’étranglement étroit qui transporte environ un cinquième du pétrole mondial – a été effectivement fermé par l’escalade du conflit américano-israélien avec l’Iran. Les perturbations du trafic des pétroliers et les attaques répétées contre les installations maritimes et portuaires ont laissé des navires commerciaux bloqués, retardé les livraisons et augmenté considérablement la prime de risque sur les expéditions de brut.
Les responsables américains ont déclaré avoir contacté environ sept pays et nommé les grandes puissances parmi celles qu’ils espéraient apporter, estimant qu’une présence navale multinationale contribuerait à dissuader les attaques, à rassurer la navigation commerciale et à accélérer la réouverture des flux énergétiques mondiaux. La Maison Blanche a également recherché une couverture politique et un partage du fardeau : la participation des Alliés indiquerait que la réouverture de la route est une priorité internationale, et pas seulement américaine.
Pourquoi de nombreux pays ont résisté
Les Alliés ont réagi avec prudence. Plusieurs ont cité des raisons opérationnelles, juridiques et politiques pour refuser d’envoyer des navires dans l’immédiat :
- exposition directe aux risques de représailles et d’escalade iraniens ;
- la complexité juridique et diplomatique du maintien de l’ordre dans un détroit étranger ;
- résistance politique intérieure à l’implication dans une guerre qui s’étend au Moyen-Orient.
Le Japon et l’Australie ont déclaré publiquement qu’ils n’avaient pas l’intention d’envoyer des navires, et d’autres partenaires ont donné des réponses discrètes ou sans engagement. Les capitales européennes et asiatiques ont mis l’accent sur la liberté de navigation et la sécurité énergétique, mais se sont abstenues d’un déploiement militaire immédiat.
Pourquoi c’est important pour les États-Unis
La réponse limitée des Alliés complique le plan de Washington visant à réduire une partie des coûts sécuritaires et politiques de la crise. Sans un large soutien international, les États-Unis sont confrontés à un plus grand risque opérationnel, diplomatique et économique – de la protection des voies de navigation à la gestion des retombées sur le marché des perturbations prolongées des flux pétroliers. Cette dynamique risque également de mettre à rude épreuve les relations bilatérales avec des pays qui craignent un enchevêtrement, et elle sape l’argument central des États-Unis selon lequel la réouverture d’Ormuz est un intérêt mondial partagé.