Le Kazakhstan se prépare à créer un fonds national de réserve de crypto-monnaie d’une valeur comprise entre 500 millions et 1 milliard de dollars, une étape historique qui pourrait faire de ce pays d’Asie centrale l’un des premiers à intégrer les actifs numériques dans sa stratégie de richesse souveraine.
Le fonds sera alimenté par des actifs saisis ou rapatriés de l’étranger, ainsi que par le produit des opérations minières de Bitcoin soutenues par l’État.
Le gouverneur de la banque centrale, Timur Suleimenov, a déclaré cette semaine à Londres que le fonds investirait « très prudemment » via des instruments réglementés tels que les fonds négociés en bourse (ETF) et les actions de sociétés impliquées dans la finance numérique, plutôt que de détenir directement des crypto-monnaies comme le bitcoin.
L’initiative, dont le lancement est prévu début 2026, représente la mesure la plus concrète jamais prise par le Kazakhstan pour institutionnaliser sa stratégie de cryptographie après des années d’expérimentation du minage et de renforcement du contrôle sur les opérateurs privés.
Les responsables ont déclaré que le programme serait géré par le Centre financier international d’Astana (AIFC) – le centre fintech du pays – et pourrait éventuellement inclure des partenaires d’investissement étrangers.
Le Kazakhstan envisage de transformer les avoirs saisis en capital stratégique
Les projets de création d’un fonds cryptographique géré par l’État ont fait surface pour la première fois en 2024, lorsque l’Agence de surveillance financière du pays a proposé de consolider les portefeuilles confisqués et les jetons extraits dans une réserve nationale.
L’objectif, selon les responsables, était de « réutiliser les actifs numériques obtenus illégalement » pour renforcer la souveraineté économique du Kazakhstan.
En transformant les avoirs cryptographiques saisis ou inutilisés en un pool d’investissement structuré, le Kazakhstan vise à transformer ce qui était autrefois un défi de conformité en une source de croissance et de diversification.
Le modèle fait écho à des efforts similaires aux États-Unis et en Europe, où les cryptomonnaies saisies sont de plus en plus gérées via des canaux réglementés.
La réserve cryptographique des États-Unis, créée en vertu d’un décret de mars 2025, sert de stock stratégique d’actifs numériques appartenant au gouvernement – principalement Bitcoin – acquis dans le cadre d’une procédure de confiscation.
Plutôt que d’acheter de nouvelles crypto-monnaies avec l’argent des contribuables, l’initiative se concentre sur la gestion de ces avoirs existants pour soutenir les intérêts nationaux et renforcer le leadership américain dans le domaine des actifs numériques.
Une avancée au-delà du pétrole
Depuis des décennies, l’économie du Kazakhstan dépend fortement des exportations de pétrole, ce qui la rend vulnérable aux cycles des matières premières. Le président Kassym-Jomart Tokayev a défendu des réformes économiques visant à réduire cette dépendance et à pousser la nation vers la technologie, l’innovation et la finance numérique.
Le fonds de réserve cryptographique s’aligne sur cette vision. En se concentrant sur les ETF et les actions liées à la blockchain, la banque centrale espère s’exposer aux avantages du Bitcoin tout en évitant les risques de conservation et de volatilité liés à la détention pure et simple de jetons.
Le fonds s’inscrit également dans des ambitions plus larges visant à faire du Kazakhstan le principal centre de technologie financière d’Asie centrale. Le projet phare du gouvernement « Alatau CryptoCity » – conçu comme un terrain d’essai pour les startups blockchain et les paiements basés sur la cryptographie – complétera le fonds de réserve.
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