Le Kenya signe un projet de loi sur les actifs virtuels, ouvrant la voie à une nouvelle ère Bitcoin
Le Kenya est officiellement entré dans une nouvelle ère pour les actifs numériques. Le président William Ruto a signé la loi de 2025 sur les fournisseurs de services d’actifs virtuels, donnant au pays son premier cadre complet de réglementation de la cryptographie.
La nouvelle loi autorise et réglemente les échanges cryptographiques, les fournisseurs de portefeuilles, les courtiers et les processeurs de paiement opérant au Kenya ou à partir de celui-ci. Il place également ce secteur en croissance rapide sous la surveillance de deux principaux régulateurs : la Banque centrale du Kenya (CBK) et la Capital Markets Authority (CMA).
En vertu de la loi, la CBK supervisera les processeurs de paiement et les émetteurs de stablecoins, tandis que la CMA supervisera les plateformes de négociation, les conseillers en investissement et les gestionnaires d’actifs. Les deux agences seront désormais chargées de veiller au respect des normes de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des consommateurs.
« Nous espérons que le Kenya pourra désormais être la porte d’entrée vers l’Afrique », a déclaré Kuria Kimani, présidente de la commission parlementaire des finances, selon un reportage de Reuters. « La plupart des jeunes entre 18 et 35 ans utilisent des actifs virtuels pour le trading, les paiements ou l’investissement. »
Le Kenya et l’incertitude cryptographique
La loi intervient après des années d’incertitude pour le secteur de la cryptographie au Kenya, où des plateformes comme Binance et Paxful fonctionnent sans règles claires.
La loi exige que tous les fournisseurs obtiennent une licence, tiennent des registres vérifiés et satisfassent aux exigences en matière de capital et de cybersécurité. Les opérations sans licence seront désormais illégales.
Pour les utilisateurs de Bitcoin, les avantages dépassent les coûts. Les plateformes sous licence doivent désormais séparer les fonds des clients, détenir des réserves adéquates et protéger les données des clients.
La loi impose des contrôles stricts de connaissance du client (KYC), la tenue de registres et la déclaration des transactions suspectes afin de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les violations pourraient entraîner des amendes allant jusqu’à 20 millions de KES (130 000 $) ou une peine d’emprisonnement.
Cette décision place le Kenya aux côtés de l’Afrique du Sud, qui a établi son régime de licences de cryptographie en 2023. Les analystes affirment que la loi pourrait attirer de nouveaux investissements et contribuer à légitimer les actifs numériques dans la plus grande économie d’Afrique de l’Est.
L’utilisation de la cryptographie au Kenya a explosé ces dernières années. Selon Chainalysis, le Kenya s’est classé quatrième en Afrique en termes de volume de transactions entre juillet 2024 et juin 2025, recevant près de 20 milliards de dollars d’actifs cryptographiques.
Le pays possède également une forte culture de la finance numérique. Plus de 96 % des foyers utilisent M-PESA, une plateforme d’argent mobile qui a ouvert la voie à l’adoption des paiements numériques.
Néanmoins, la loi pourrait constituer un défi pour les petits opérateurs. Les coûts de licence et les obligations de conformité peuvent contraindre certaines bourses locales et commerçants informels à quitter le marché.
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