L’action Oracle chute de 10 % malgré un double bénéfice

Dans la soirée du mercredi 10 juin, l’action Oracle (NYSE : ORCL) a été victime d’un phénomène de plus en plus courant parmi les grandes entreprises technologiques puisqu’elle a plongé de plus de 10 % après la publication de ses derniers résultats trimestriels.

Plus précisément, après avoir ajouté à sa baisse hebdomadaire globale de 11,62 % une baisse de 2,18 % au cours de la séance à 201,26 $ à la cloche de clôture, l’action ORCL a encore plongé de 10,12 % à 180,89 $.

Graphique du cours de l’action Oracle sur une semaine.
Graphique du cours de l’action Oracle sur une semaine. Source : Google

Comme ce fut le cas pour d’autres grandes valeurs technologiques – Nvidia (NASDAQ : NVDA) étant peut-être l’exemple le plus frappant – l’effondrement des prix est survenu après que l’entreprise a annoncé un doublement de ses bénéfices.

En effet, le chiffre d’affaires d’Oracle s’est élevé à 19,18 milliards de dollars – au-dessus des 19,10 milliards de dollars prévus – et le bénéfice par action (BPA) s’est élevé à 2,03 dollars alors que 1,96 dollars était attendu.

La société a également relevé ses prévisions pour l’exercice 2027 à 8,05 dollars par action et à 90 milliards de dollars de ventes – à titre de référence, les analystes prévoyaient respectivement 8,01 et 88,9 milliards de dollars.

L’essor de l’IA CapEx d’Oracle aurait pu provoquer le crash des actions ORCL

Néanmoins, les chiffres relatifs aux dépenses liées au développement de l’intelligence artificielle (IA) ont fourni des raisons suffisantes de s’inquiéter pour faire baisser les capitaux propres d’ORCL.

Oracle a non seulement dévoilé un flux de trésorerie disponible négatif de 23,7 milliards de dollars, mais a également révélé que sa dépréciation avait effectivement doublé pour atteindre 7,62 milliards de dollars et que ses dépenses en capital (CapEx) avaient grimpé de 162 % à 55,7 milliards de dollars.

Ces chiffres ont été encore exacerbés par la révélation selon laquelle la société avait l’intention de lever 40 milliards de dollars supplémentaires par le biais de financements par emprunt et par actions, dont jusqu’à 20 milliards de dollars provenant d’une vente d’actions annoncée plus tôt dans l’année.

Enfin, la dernière performance de l’action Oracle a probablement été aggravée par l’exposition de la société aux performances d’OpenAI : elle a accepté d’entreprendre un effort substantiel de construction de centre de données pour la société de Sam Altman, la rentabilité de l’entreprise étant entièrement liée à la croissance future du géant de l’IA.

Les menaces les plus récentes d’OpenAI de lancer une guerre des prix contre Anthropic au moment où le débat sur les coûts et les avantages de la technologie s’intensifiaient fortement auraient pu fournir un catalyseur externe à la baisse pour les actions ORCL.

Les actions américaines subissent des vents contraires croissants en juin dans tous les domaines

Ailleurs, il convient de noter que l’action Oracle n’est pas la seule à connaître sa baisse en juin. L’indice boursier de référence S&P 500 a reculé de 4,38 % depuis le début du mois, dans un contexte de multiples manchettes génératrices de vents contraires.

Graphique sur un mois de l'indice S&P 500 avec mise en évidence des performances de juin.
Graphique sur un mois de l’indice S&P 500 avec mise en évidence des performances de juin. Source : Google

La levée de fonds propres de 80 milliards de dollars d’Alphabet (NASDAQ : GOOGL) a déclenché une certaine inquiétude quant à la disponibilité de la dette au milieu de la recrudescence record des dépenses d’investissement liées à l’IA.

Simultanément, les investisseurs institutionnels et particuliers ont abandonné leurs avoirs pour lever des liquidités en vue de l’imminence – prévue pour le 12 juin – de l’introduction en bourse (IPO) de SpaceX, au moment même où des analystes comme Jim Cramer commençaient à exprimer leurs inquiétudes quant à la disponibilité des capitaux pour le reste de l’année.

Enfin, l’intensité croissante des affrontements entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont abouti à une campagne aérienne de presque longue durée contre la République islamique et à la fermeture totale du détroit d’Ormuz qui a suivi, a remis sur le devant de la scène la diminution des stocks de pétrole et l’impact des pénuries sur l’économie mondiale.

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