Le stratège macroéconomique Henrik Zeberg a réitéré son avertissement selon lequel l’économie américaine se rapproche d’une récession alors que les conditions du marché du travail continuent de s’affaiblir.
L’économiste a fait valoir que le ralentissement de la création d’emplois constitue une menace directe pour la croissance du PIB et, en fin de compte, pour la performance des marchés boursiers, a-t-il déclaré dans un article X du 21 juin.
Cet avertissement fait suite à la dernière analyse de Zeberg sur la relation entre la croissance de la masse salariale non agricole aux États-Unis et la production économique.
Selon Zeberg, la création d’emplois et la croissance du PIB d’une année sur l’autre ont toujours évolué presque de manière parallèle, faisant des tendances du marché du travail un indicateur clé de la santé économique.
Son graphique montre que le ratio masse salariale non agricole/main-d’œuvre est tombé à environ 2,2, en baisse par rapport au pic post-pandémique supérieur à 7,0 en 2022.
L’indicateur est désormais inférieur aux niveaux observés au début de chaque récession américaine depuis le début des années 1970, y compris les ralentissements de 1973-75, 1980, 1981-82, 1990-91, 2001, 2008-09 et 2020.
L’économie perd son élan
Même si l’économie n’est pas encore entrée en récession, il estime que cette tendance indique une perte significative de la dynamique économique.
La thèse de Zeberg repose sur l’idée selon laquelle la croissance économique dépend principalement de la capacité de l’économie à générer des emplois.
Dans ce cadre, un ralentissement prolongé du marché du travail finirait par peser sur les dépenses de consommation, l’activité des entreprises et la croissance globale du PIB.
Ses perspectives montrent une croissance du PIB américain de 2,7 % sur un an, même si les indicateurs du marché du travail continuent de s’affaiblir. Zeberg a fait valoir que si la création d’emplois s’arrête, la croissance économique suivra probablement, augmentant ainsi les risques de récession.
Il a également souligné l’augmentation des inscriptions au chômage, le ralentissement de l’emploi dans le secteur privé et la pression croissante sur les consommateurs comme des signes d’un affaiblissement de l’économie en raison de données globales solides et de records boursiers.
Zeberg soutient notamment que les marchés sont dans les dernières étapes d’une bulle d’actifs alimentée par la liquidité.
Même s’il avait précédemment prévu une dernière reprise des actifs à risque, il continue d’avertir que les risques de récession augmentent à mesure que les conditions du marché du travail se détériorent.
Dans un récent commentaire de marché, Zeberg a déclaré que l’économie américaine se dirigeait vers une récession qui pourrait déclencher une forte correction des actions et d’autres actifs à risque.
Il a attribué ces perspectives à l’affaiblissement des indicateurs du cycle économique, au ralentissement de la croissance de l’emploi, aux valorisations élevées et à l’augmentation des niveaux d’endettement.